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Yaya Mbile : Faire parler le viol
(20/02/2008)
Metteur en scène, elle s’inspire, dans son prochain projet, de ce phénomène tel que traité dans " Jaz " de l'ivoirien Koffi Kwahulé.
Par Dorine Ekwè

Vous préparez actuellement la mise en scène de " Jaz " de Koffi Kwahulé. Qu'est-ce qui vous a poussé à travailler sur ce texte?

Avant toute chose, il faut préciser que c'est un projet sur lequel nous travaillons depuis 2004. C'était au cours d'un atelier organisé au Ccf de Yaoundé et qui avait été dirigé par Martin Ambara, autre metteur en scène, et moi. L'auteur, Koffi Kwahulé, s'est beaucoup inspiré du jazz dans la rédaction de son texte et pour nous, c'était un thème sur lequel il était intéressant de travailler. Mais, il faut le dire, ce qui m'a vraiment intéressé c'est la thématique du viol qu'il aborde dans ce texte, car dès qu'on parle de viol dans notre société, les gens se ferment alors que dans presque toutes les familles, il y a toujours une victime.

Vous vous êtes également dite séduite par la sonorité qui découle de cette pièce…

Tout à fait et, c'est d'ailleurs en second lieu ce qui m'a poussée à m'intéresser à cette œuvre. Ecrit en vers libres, "Jaz" fait entendre des sonorités d'ordre musical, avec des ruptures, des accélérations, des variations ryhtmiques proches du " Jazz ", musique qui inspire profondément l'auteur Koffi Kwahulé dans le processus d'écriture théâtrale. Pour moi, il était donc question de montrer combien sur un thème aussi fort, l'auteur arrive a placer des mots aussi justes pour qu'ils résonnent comme des notes de musique. Le mérite de Koffi Kwahulé dans cette pièce est qu'il ne l'a pas écrite comme s'il rendait un rapport scientifique. Il nous emmène à vivre de l'intérieur la situation psychologique d'une personne victime de viol et partant de là, ses réactions organiques et ses réactions face à la société.

Est-ce que c'est pour cette raison que vous avez choisi de ne travailler qu'avec des filles ?

Non ! Je ne suis pas féministe. C'est le choix de la mise en scène qui m'a emmené à travailler seulement avec des femmes. Le texte est un monologue mais comme le personnage en lui-même est un personnage schizophrénique qui a plusieurs personnalités, j'ai voulu le matérialiser en prenant une danseuse et une chanteuse en plus du personnage principal. Ces deux personnes sont en fait le double de Jaz, l'héroïne de la scène. Pour accompagner Nicaise Wegang qui interprète le rôle principal, on retrouve Kareyce Fotso pour le chant et Gladys Tchuimo pour la danse.

La scénographie, du moins ce que nous avons pu voir des répétitions, est assez particulière avec des personnages mis en cage dans des voilages sombres…

Le décor est encore en phase de recherche et nous essayons, autant que faire se peut de restituer la scène en temps réel. Il y a une première proposition du scénographe qui nous a plu. Mais elle est à parfaire parce que, en situation réelle, le personnage est dans une prison. C'est ce que nous essayerons de faire en temps réel et matérialiser la doublure du personnage sur scène à travers ces cages de voilages sombres dans lesquelles les personnages sont placés.

Quand est-ce que ce spectacle sera présenté au public?

Les dates ne sont pas encore établies. Tout ce que je peux dire, c'est que les représentations sont prévues pour le mois de mars. Et déjà, c'est une coïncidence heureuse que la programmation de la pièce soit faite alors que le festival Scènes nationales du théâtre francophone se tient. C'est très important pour nous.

Combien ça vous coûte de monter une pièce comme celle-là ?

Ça demande beaucoup d'argent et, pour le moment, nous sommes
obligées de travailler dans des conditions semi-professionnelles parce qu'on n'a que 3.500 euros (environ 2.300.000Fcfa) que nous avons eu de CulturesFrance et les 1.200.000Fcfa du Centre culturel français de Yaoundé qui a achet le spectacle et nous avons quatre représentations. Avant de venir réaliser le projet, j'ai demandé l'avis des filles pour que nous soyons d'accord sur les montants. Elles m'ont donné leur ok avec 3000fcfa par jour pour toute la durée des répétitions et à la fin de la représentation, elles auront 300.000Fcfa.


Source: Quotidien Mutations


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